Les versions roumaines
de la Liturgie
de St Jean Chrysostome
par
Ch Auner
Article paru dans le recueil
XPYSOLTOMIKA
Studi e riserche
intorno
A S. Giovanni Crisostomo
a cura del comitato
per il XV° centenariodella sua morte
407-1907
Roma, 1908
Les versions roumaines
de la liturgie
de saint Jean Chrysostome.
CH. AUNER
PROFBSSBUR AU S EM [N AIRE CATHOUQUB DB BUCARBST
Sommairb: i. Introduction. — Conversion du peuple roumain au chris-
tianismc. — Passage au schisme grec et a la liturgie slave. — Livres
liturgiques slaves Iditls en Roumanie.
2. Dix-septieme Steele. — Premiere version roumaine de la li-
turgie, faite par Dosithle (Jassy, 1679). — Seconde Edition. — Mis-
sel slavo-roumain de TModose (Tirgoviste, 1680). — Analyse des
dites versions.
3. Dix-Huitieme Steele. — Missel slavo-roumain de Mltropha-
ne. — Version roumaine d'Anthime (Tdrgoviste, 171 3). — Missel
slavo-roumain de Gldlon. — Rlimpression des versions roumaines. —
ArchieYaticon de Czernowitz en Bucovine. — Missel des Roumains
de la Transylvanie unis a Rome (Blaj, 1756). — Version de Jacques
(Jassy, 1759). — Missel des Roumains de la Transylvanie slparls de
Rome (Sibiu, 1798).
4. Dix-neuvieme Steele. — Renditions. — Missel de Jassy, 1818.
— Missel des Roumains de Bessarabie (Kischinew, 181 5). — Edi-
tions de Buzeu, i835; de Jassy, 1845; et de Bucarest, i855 et 1888.
— Missel de Blaj, 1870. — Critique.
5. Conclusion., — Comparaison de l'ldition de Bucarest, 1902
(et de Sibiu, s. a.) avec le Mtxpov Eu^oAoyiov e'dite* par la Propa-
ganda en 1872. — Missel de Blaj, 1905.
1. INTRODUCTION.
C'est aujourd'hui encore une 6nigme que, parmi les
peuples latins, seuls les Roumains soient de rite grec,
qu'ils appartiennent k l'Eglise orthodoxe l et qu'ils aient
1 Nous nous permettons de donner a l'Eglise orientale de rite grec
sdparee de Rome le nom d' € orthodoxe » qu'elle s'attribue elle-meme.
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employ6 longtemps la langue slave dans leur liturgie. D
est vrai que la d6couverte toute r6cente d'une ancienne
chronique moldave ! , ainsi que les ouvrages de Onciul*,
ont apport6 quelque lumtere sur cette question. Mais il
n'en est pas moins sAr que Ton est encore loin d'avoir
r6solu le probldme, et mSme qu'il est impossible de le
r6soudre, k moins que le hasard ne nous fournisse des
sources historiques inconnues jusqu'& pr6sent.
L'explication la plus autoris6e que les documents
pr6cit6s permettent de donner au probteme en question
peut 6tre r6sum6e comme il suit.
Trajan, aprfcs avoir conquis la Dacie, en peupla la
plus grande partie , et surtout la Transylvanie k cause
de ses mines d'or, de nombreux colons. Ce n'6taient
point des Romains ni des Itales, mais ils n'en 6taient
pas moins complement romanis6s. On ne saurait ad-
mettre qu'ils aient 6t6 chr6tiens. II est possible qu'il y
ait eu parmi eux des chr6tiens, vu que la plupart des
colons 6taient originates de la Dalmatie et de TAsie
Mineure. Mais on n'en poss6de aucune preuve, et les
inscriptions exclusivement paiennes qui nous sont restees
d^montrent que le christianisme fut loin d'avoir doming
en Dacie.
Les successeurs de Trajan ne purent d6fendre le
pays contre Tinvasion des barbares. L'empereur Aurt-
lien, au dire de son contemporain Vopiscus, retira
tous les colons « des villes et des champs » daces, et
les transporta sur la rive droite du Danube, oil il leur
assigna les contr6es nomm6es ensuite la Dacie riveraine
et la Dacie m6diterran6e. Faut-il accepter au sens literal
1 Cronica anonima, dans J. Bog dan, Vechile cronice moldovcnest,
p. 1 85 ss. Bucarcst, 1891.
3 V. surtout D. Onciul, Originile principatelor ro inane, Bucarcst, 1899.
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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITURGIB DB SAINT JBAN CHRYS. 733
les r6cits que nous rapporte Vopiscus? Les historiens rou-
mains ne le croient pas. lis d6fendent avec acharnement
ce que Ton appelle la continuity des Roumains dans la
Dacie Trajane. S'ils ont raison, on doit alors n6cessaire-
ment admettre que les colons en question ont re9U le
christianisme bien tard. Isol6s avant les temps constan-
tiniens sur la cr6te des Carpathes m6ridionaux, oil ils
formaient comme une ile romaine au milieu d'une mer
barbare, ils ne peuvent avoir entendu la bonne nouvelle
qu'a la suite du contact r6tabli avec le monde christia-
nis6 dans Tintervalle 6coul6 ! .
Bien avant que Trajan et\t colonis6 la Dacie, nous
rencontrons au sud du Bas-Danube une population ro-
maine ou romanis6e tr6s compacte, renforc6e encore
au III e stecle par les habitants de la Dacie qu'Aur6lien
y a transplants. En M6sie aussi bien qu'en Scythie
mineure f , le christianisme ne tarda gu6re & se propa-
ger, et Thistoire eccl6siastique nous a conserv6 les actes de
beaucoup d'6v6ques et de martyrs de ces contr^es. Mal-
heureusement toute cette population, diss6min6e sur la
fronttere de Tempire byzantin, flit la premiere & sou-
tenir le choc des invasions barbares. Au V e stecle, un
peuple slave excessivement dense occupait la Roumanie
actuelle. D'abord les immigr6s y exerc^rent r agriculture ;
mais plus tard, all6ch6s par la facility de faire du butin
dans l'empire, ils y p6n6tr6rent presque chaque ann6e
davantage, mais surtout sous Justinien (527-565). Ils en
profiterent pour en rapporter chez eux d'innombrables
captifs des pays limitrophes. L'historien contemporain
1 On peut consulter sur cette question l'ouvrage cite* de Onciul, et
& Auner, Cateva momente din inceputurile bisericei romane, Blaj, 1902.
9 Cfr. les monographies de R. Netqhammer, Das altchristliche Tomi,
Salzburg, 1903 ; Die christlichen Alterttimer derDobrogea, Bucarest, 1906.
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Procope estime & deux cent mille morts ou esclaves le
nombre des victimes faites a chaque incursion. Au com-
mencement du VII C stecle, les Slaves, presses par les
Avares et les Bulgares, abandonnferent la Roumanie et
s'6tablirent dans la p6ninsule balkanique. C'est alors
qu'y disparut la derntere trace de l'616ment latin, dont
nous trouvons ensuite la plus grande partie au nord
du Danube ! .
Si Ton veut ne pas voir dans les captife des Slaves
et dans ces 6migr6s les seuls ancStres du peuple rou-
main, du moins faut-il reconnaitre que, par une immi-
gration aussi 6norme, les colons de Trajan virent sauv6
leur caractfere latin, s6rieusement menac6 par le contact
s6culaire avec les Slaves. Bien plus : il n'y a que ces
immigr6s qui puissent avoir converti leurs co-nationaux
& la religion chr6tienne. En effet, les termes fondamen-
taux du christianisme, chez les Roumains. 6tant exclusi-
vement latins, seuls des Romains ont pu leur prScher
TEvangile. On doit m6me admettre que les nouveaux
immigr6s et leurs convertis 6taient de rite latin, car
autrement on ne saurait expliquer des mots liturgiques
roumains tels que: sant (saint), preot (prStre), biserica
(basilique, 6glise), altar, duminica, rugaciune (oraison),
cuminecare (communion), Dumne\eu (Dominus, Deus,
Dieu), cruce } etc.
Par ce qui vient d'etre dit, le problfeme que nous
nous sommes pos6 au commencement de ce chapitre
n'en est que plus compliqu6. C'est qu'il a fallu un facteur
Stranger & la nationalit6 roumaine pour lui imposer le
1 Cfir. l'ltude tres intlressante de R. Rosetti, Invaziunile Slavilor in
peninsula balcanica, dans la Revista noua, II, p. 337 sq. Bucarest, 1889.
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LES VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITUROIB DB SAINT JEAN CHRYS. J 35
rite grec. Ge facteur a 6t6 le peuple bulgare. NouS ren-
controns ces barbares belliqueux, au VII e stecle, aux
embouchures du Danube, Bientot ils soumirent la Rou-
manie actuelle non moins que la p6ninsule balkani-
que. De ce vaste territoire, ils form6rent un empire puis-
sant, qui atteignit son apogee sous Boris. Latins et Grecs
se disputerent la chance de convertir ce prince et son
peuple et de les rattacher & leur patriarcat. Enfin Byzance
eut gain de cause (870), au prix de reconnaitre le slave
comme langue liturgique. Les actes ne parlent point de
cette innovation. Mais l'Eglise grecque n'a jamais pro-
teste contre la liturgie slave, dont on constate l'intro-
duction d6s le rfegne de Boris.
Ce prince employa tous les moyens pour propager
la nouvelle foi parmi ses sujets. Les Roumains, d6j&
chr6tiens, durent accepter le rite grec en langue slave,
et resterent d6sormais soumis au patriarcat de Cons-
tantinople. Une tradition roumaine, enregistr^e par la
chronique moldave cit6e plus haut, fait reculer le schisme
des Roumains aux temps du pape Formose, auparavant
16gat pontifical auprfes de Boris vers 866. Une autre
tradition, concordante chez les Roumains et les Bulga-
res, mentionne la violence dont on usa pour r6primer
la langue latine et pour introduire la liturgie slave. C'est
ainsi que le peuple roumain fut acquis A Torthodoxie,
& laquelle il appartient jusqu'& nos jours, sauf un peu
plus d'un million de Roumains en Transylvanie unis a
Rome depuis deux sifccles l .
La crise pass6e, les Roumains cultivdrent avec beau-
coup de z61e la langue slave. Sujets politiques des Bul-
gares slavisms, ouailles spirituelles des 6v6ques de la
1 Cette question est traitle largement dans Auner, op. cit., p. 75 sq.
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736 CH. AUNKR
Bulgarie jusqu'& la fin du XI V c stecle, ils n'employferent
que la langue bulgare ou staroslave dans leurs chan-
celleries et 6glises, longtemps m6me aprts avoir constitu£
leurs principaut6s ind^pendantes. Les monastfcres rou-
mains, fond6s et gouvern^s par des Bulgares jusqu'aprts
la chute de Constantinople, devinrent l'asile des lettres
slaves. Cest ce qui explique un ph6nom6ne assez 6trange.
Tandis que la premiere impression de la liturgie slave
provient de Cettign6, la seconde en a 6t6 faite & T&rgo-
viste, capitale de la Valachie, en 1 5o8.
II n'entre pas dans le cadre de cette dissertation
d'6tudier le texte des livres liturgiques slaves gDrrts en
Roumanie. Cependant, pour ne pas laisser de lacune
et pour attirer l'attention des slavisants, nous donnerons
ici des renseignements sommaires sur Text6rieur de ces
livres, tr6s remarquables par leur anciennete et la beaute
de leurs caracteres.
Cest le moine Macaire qui imprima le missel de
Targoviste, un volume petit in-quarto de 128 feuilles.
II est orn6 de grosses initiales et xylographies origina-
tes, les lettres sont grandes et les rubriques imprim£es
en rouge. La liturgie de saint Jean Chrysostome y oc-
cupe les feuilles 12 A 5j. II s'en trouve plusieurs exem-
plaires k TAcad6mie roumaine ! .
Le second missel slave imprim6 chez les Roumains
est celui de Brasov en Transylvanie. On le doit & Ser-
ban, fils du diacre Coresi, ce dernier c616bre typography
qui nous a laiss6 un nombre considerable de livres re-
ligieux de toute sorte. Imprim6 en 1 588, ce missel forme
1 Bibliografia romanesca vcche, publile par /. Bianu et N. Hodos,
1. p. 1 ss. Bucarest, 1898- 190 3. E. Picot, Coup d'oeil sur l'hist. de la
typographic dans les pays roumains au XV1« siecle, Paris; 1895; p. 10.
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LBS VERSIONS ROUMAINKS DK LA UTURG1B DB SAINT JEAN CHRYS. j3j
un volume in-quarto de io5 feuilles, qui contiennent
de la i5 e & la 53 e la liturgie de saint Jean. Les lettres
sont plus grandes, mais moins jolies que celles de Tar-
goviste. Les rubriques sont tir6es en rouge. On connait
un seul exemplaire de ce missel, conserv6 dans la bi-
bliothfcque m6tropolitaine (unie) de Blaj en Transyl-
vanie.
Un troisteme missel slave, dont on ne poss6de qu'un
exemplaire incomplet a l'Acad6mie roumaine, est con-
sid6r6 comme provenant du mfime atelier de Brasov
vers la fin du XVI e stecle. Les lettres, noires et rouges,
sont tr6s grandes et semblables & celles de l'6dition pr6-
c6dente. Le texte est assez mutil6 et les rubriques sont
r6duites aux titres des oraisons et A T indication des
personnes qui les rtcitent. II n y a point de pagination.
Du reste, il y manque beaucoup de feuilles, comme
par exemple les premieres de la liturgie de saint Jean ! .
En 1646, l'archimandrite Jean imprima au monas-
t6re de Deal pr6s Targoviste un quatrteme missel slave,
toujours in-quarto, en noir et rouge. II contient 270 feuil-
les orn6es de plusieurs xylogravures , dont une repr6-
sente saint Jean Chrysostome. On en trouve des exem-
plaires au Mus6e d'antiquit6s a Bucarest et dans les
biblioth6ques publiques de S. P6tersbourg et de Mos-
cou *.
Dans la susdite bibliothfeque de S. P6tersbourg se
trouve encore un cinquteme missel ou Sloujebnik slave
incomplet, imprim6 k Tfirgoviste en la m6me ann6e, 1646.
C'est toujours un volume in-quarto, caractSres noirs
et rouges, contenant plusieurs vignettes. On en doit l'im-
1 Bibliografia, I, 99-102. Picot, op. cit. p. 1 5— 16.
1 Bibliografia, I, i52-i55.
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pression a P. Stanciovici et R. Stoicovici, typographies
d'ailleurs inconnus l .
2. DIX-SEPTlfcME SlfcCLE.
Nous approchons de la fin du dix~septi6me stecle
et nous n'avons pas encore rencontr6 de missel en lan-
gue roumaine. II est vrai que, jusqu'alors, on avait traduit
en roumain tous les livres rituels; mais on n'avait pas os6
toucher k la liturgie pour ne pas transgresser Tancienne
tradition des trois langues saintes, auxquelles 6tait venu
s'ajouter le staroslave. Cependant les Roumains res-
sen taient le besoin imp6rieux de se servir & l'6glise de
leur propre langue. Nous avons dit plus haut que les
premiers monasteres roumains avaient 6t6 fond6s et gou-
vern6s par des Bulgares. Apr6s la chute de Constanti-
nople, bon nombre de moines grecs se reiiigterent dans
les principaut6s roumaines et ne tardfcrent point £ y
supplanter les Bulgares. Ainsi les connaisseurs du slave
disparaissaient insensiblement, sans que le grec eut eu
le temps de se r6pandre. Dans la seconde moitte du
XVII C stecle, le clerg6 qui, & quelques exceptions pr6s,
occupait toutes les paroisses, avait oubli6 le slave et
n'avait pas appris le grec. II fallait done introduire la
liturgie roumaine.
C'est Dosith£e (Dosoftei), m6tropolitain de Moldavie,
qui, pour la premiere fois, traduisit les liturgies grecques
en roumain et en publia la version & Jassy, en 1679.
II se vit oblig6 de d6montrer d'abord, en guise d'avant-
propos, par de nombreuses citations tir6es de l'Ecriture
et des saints P6res, qu'il n'est pas d6fendu de dire la
1 Ibid., p. 1 58.
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LBS VERSIONS ROUBIAINBS DB LA LITUROIB DK SAINT JRAN CHRtS. 789
messe en langue vulgaire. Suivent la prothfcse et les
trois liturgies, dont celle de saint Jean sur 36 feuilles,
num6rot6es s6par6ment. Le tout forme un volume
in-quarto de 101 feuilles, imprim6es en caracteres noirs
et peu jolis. Le travail est n6glig6, les pages sont con-
fondues et r6p6t6es, texte et rubriques se suivent sans
nouvel alin6a. L'Acad6mie roumaine en poss6de un
exemplaire ! .
Passant maintenant & l'6tude du texte de la liturgie de
saint Jean, nous remarquerons que Toriginal grec traduit
par Dosith6e n'est certainement pas celui de Ducas de
Crfcte, public par les Xynoridi 2 , en 1570 par Morelli,
en 1612 par Savilius et dernterement par Migne (Patrol,
graeca, tome LXIII). La grande ressemblance que nous
trouvons entre la version roumaine et les 6ditions v6ni-
tiennes de YE\r£ok6ftov t<1 (J^ya, officiel pour les Eglises
d'Orient, nous oblige & chercher l'original employ^ par
Dosith6e dans une edition du dit euchologe ant6rieure
& celle de rXuxus en 1691. Du reste, la version rou-
maine est assez libre et n'a gu6re pu s'6manciper de
la liturgie slave en usage. Si Dosith6e a tenu & 6tre
assez exact pour ce qui concerne le texte & r6citer, il
n'a point cm devoir user des m£mes 6gards pour les
rubriques, qu'il a abr6g6es et stylis6es £ son gr6.
Pour avoir un terme fixe de comparaison, tant pour
la version de Dosith6e que pour toutes les suivantes, nous
1 Bibliografia, I, 222-225.
* Divinae missae S. Joan. Chrys. exemplaria duo, Venetiis 1 644. Nous
faisons abstraction complete du second exemplaire de la liturgie, public
dans cette meme Edition, le fameux codex Erasmi, reproduit par Ducaeus,
tome IV, Paris 1623. Les traducteurs roumains ne s'en servirent jamais.
C'est a la bibliotheque du slminaire central de Bucarest que nous avons
pu consulter l'ldition des Xynoridi, grace a l'amabilite' du directeur, le
T. R. P. Popesco-Mosoaia.
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740 CH. AUNER
nous servirons de la liturgie de saint Jean Chrysostome
publtee & Rome par la Propagande en 1872 l . Cette
edition a l'avantage d'etre & la portee de tout le monde,
et offre avec les versions roumaines moins de diver-
gences que toute autre, puisqu'elle est r6imprim6e sur
l'edition v6nitienne de Th. D6m6trios en 1777, dont le
contexte est reste presque comme st6r6otyp6 depuis
le XVH e stecle jusqu'a nos jours. D'ailleurs ce n'est
pas ici le lieu de citer toutes les differences et de faire
une 6tude A fond de la liturgie roumaine. II suffira de
signaler les variantes les plus caracteristiques et la ma-
nifere plus ou moins heureuse dont certains mots grecs
ont 6t6 traduits en roumain. Mais il importe de noter
d6s £ present que nous ne trouverons pas de divergences
donnant lieu k une accusation de faux. II s'est bien trouv6
parmi les orthodoxes des editeurs qui, pour se debar-
rasser de certains arguments invoqu6s en faveur de
la primatie papale, du purgatoire et d'autres dogmes, ne
recurrent point devant des alterations du texte dans
les M6n6es et dans d'autres livres rituels. Mais personne
n'a os6 toucher a la liturgie, et si Ton voit accentu6e
une difference avec l'Eglise catholique, par exemple a
la consecration ou & T6picl6se, elle n'est pas due a une
variation du texte liturgique.
La version de Dosith^e commence par Toraison de
la proth6se, tout comme l'6dition de la Propagande.
L'ect6nie pour le prince mentionne : Jean N., vo'ievode,
N. sa dame honor ee et sesfils aimant Dieu. II est & noter
que tous les princes roumains portaient le nom de Jean,
institution dont Torigine est encore mattere & controver-
ses. Quant au patriarche dont on fait la m6moire apr6s
1 Mtxpov Eu^oXoytov, Edition quasi-officielle pour les Grecs unis.
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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITURQIB DE SAINT JBAN CHRYS. 74 1
l^pictese, Dosith6e lui d6die la formule suivante : A N.
saint en tout et patriarche du monde entier (oecumenique) ,
notre Pere et Seigneur. Quil pipe beaucoup dtanneesl
Un passage des plus singuliers dans la liturgie grecque
est l'invitation que le diacre adresse au peuple a la
petite entree, et le prStre £ l'6vangile, invitation dont
on a deux variantes: Eoyta, 5p0o(, ou bien: Soyia 6p0f).
La premtere se trouve dans les editions de Venise, la
seconde dans Morelli. Les versions roumaines oscillent
jusqu'& nos jours entre ces deux formes: Apec sagesse,
tenons-nous debout l , ou bien: Sagesse praie. Dosith6e
a concilia les deux lectures; il a adopts la premiere
pour l'6vangile, la seconde pour la petite entree.
La rubrique pour le chant du Trisagion fait la men-
tion tr6s rare du trikirion et du dikirion, c'est-&-dire du
chandelier a trois ou a deux bougies ; on y explique
aussi que c'est le symbole de la sainte Trinit6 et des
deux natures en J6sus-Christ.
Pendant les prteres pour les fiddles, Dosith6e fait
reciter au diacre la grande synapti et non la petite de
l'ldition romaine.
Cette derntere edition termine la prtere de la grande
entree: 'O eua^^wv 'Iwity, par la proposition: iXXa
Tptfj(jL£po;, etc. La version de Dosith6e est la seule ver-
sion roumaine qui contienne ce passage. II y est ajout6
une quatrteme prtere facultative que nous n'avons plus
rencontr6e ailleurs: En pous immolant sur la croix, 6
Christ, la torture a ete abolie et la puissance de iennemi
a ete foulee aux pieds. Car ce nest ni un ange, ni un
1 Beaucoup de traductions, dans cette ^tude, sont emprunt^es a Tex-
cellent opuscule du P. C. Charon : Les saintes el divines liturgies... en
usage dans TEglise grecque catholique orientale. Paris, Picard, 1903.
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742 CH. AUNBR
homme, qui nous a sauves , mais pons seui Gloire a
vous !
Au symbole nous trouvons pour la premiere fois
la version: Sous Pilate du Pont (ex Ponto), faute cor-
rig6e seulement dans les dernteres editions de la liturgie
roumaine. Quant au mot: xa0oXix-/)v, Dosith6e le traduit
par : synodale, en roumain : sobornica^ d'aprfes le slave:
C0E6pH8H>. Ce terme se maintint jusqu'aux versions rt-
centes qui ont adopts le mot: catolica ou catoliceasca.
A la consecration, les rubriques tr6s significatives
que nous allons rencontrer dans d'autres versions sont
remplac6es par la formule laconique : Et le diacre lui
montre avec I'orarion. Du reste, la rubrique de l^dition
romaine n'est pas non plus tr£s explicite.
A rgpictese, Dosith6e ajoute a la formule du vin:
repandu pour la vie du monde.
Les deux longues oraisons pr6paratoires a la com-
munion: Kiipte, oOx eifxt <k\\o$, et 'O Beds r\\ktiv manquent,
puisqu'elles ne se trouvent pas dans l'6dition v6nitienne.
Au point de vue philologique , Dosith6e n'a certes
pas fait une version qui puisse servir de module pour
la langue roumaine. D'abord il a conserve les slavismes
qu'il ne pouvait pas traduire : xaTaJjicoaac; = spodovii -
cnOAOBHRhin; e0ape<ru7]<Tav?a>v = ingaduit = oyroAAnirt;
<TuvSo5oXoYoiivTa>v = slavoslovind = C0(MdR0(M6fU4JHX r b; euat(te;
= blagocestivii = KWOYecTHRhU. En g£n£ral, Dosithte est
encore doming par le lexique slave. Non seulement il
en a adopts une foule de termes, mais il est aussi le seul
k employer des mots tels que : iscusenia (tentation),
vraciul (m^decin), istealiaste (gu6rit). Ensuite, la version
de beaucoup de mots grecs n'est pas heureuse: 91X1*-
6po>ir(a = om dragostia; ireptwuG&fos = imprejur dvobito-
riul; <xiv$6vt = prostire. D'autres sont absolument inin-
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LBS VERSIONS ROUMAINBS DK LA MTURGIK DB SAINT JEAN CHRYS. 743
telligibles: YjSovafc; = marsaeciuni ; Sj^pavrov = nelegumo-
sul; (aoXu(J(aoO = imaciunea. Enfin la syntaxe est fort
maladroite et pr^sente souvent un non-sens : el; tyjv tuW
£uayY£Xtxci6v aou xY)puYf/.aT<ov xaTavirjatv = intra evange-
licestilor tale strigari socoteald ; <S>c irapaSctcrou cbpat6T£po$
{vtw; xal TcaaiaSo^ itaa^ |3a<nXtxifc avaSdSetxTat Xaf/.-
up6T6poc; = ca decdt raiul mat friitnos, adevdr si decdt
camara nuntii, de toatd decia imperateasca, sau ivit mai
straluminat.
II serait injuste de diminuer le m£rite de Dosith6e
a cause des imperfections relev^es dans sa version. Etant
le premier qui ait os6 traduire le livre rituel le plus
d6licat, il devait n^cessairement se heurter & des diffi-
cult^ telles, qu'il serait d6plac6 d'exiger une oeuvre par-
faite. Du reste, Dosith6e a employ^ aussi beaucoup de
mots et de tournures disparus de nos jours, mais plus
propres au caractere de la langue que les inilombra-
bles gallicismes, qui du roumain vulgaire font parfois
un veritable jargon fran9ais.
La liturgie roumaine combla une lacune tr6s sensi-
ble : en quelques ann6es, l'6dition 6tait 6puis6e. Dosith6e
lui-mSme se vit oblige d'en faire une seconde Edition,
toujours a jassy, en i683. C'est une simple r^impres-
sion du premier ouvrage. Les quelques mots changes
paraissent dus plutot au compositeur qu'a Tauteur. L'6-
dition est plus soign6e, le texte et les rubriques sont
imprimis en noir, et ne se suivent plus en lignes non
interrompues. Les types apportes de la Russie l ne sont
gu6re plus beaux que ceux de Jassy; mais ils sont tel-
1 Pour e'crire le roumain, on se servait jusqu'a nos jours de l'alpha-
bet cyrillique. Cependant nous n'employons ici que l'alphabet latin.
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744 CH. AUNKR
lement petits que Dosith6e a r6ussi k imprimer en 72
feuilles in-octavo non seulement les trois liturgies, mais
encore un grand nombre de prteres rituelles. C'est pour-
quoi on donne k ce livre le titre de « missel et eucho
loge (slujebnic molitvenic) ». On en trouve un exem-
plaire k l'Acad£mie roumaine.
Pendant que Dosith6e s'occupait de la r6impression
de son missel, Parth6ne, patriarche d'Alexandrie, 6tait
de passage a Jassy, pour y recueillir des aumones en
faveur de son Eglise. L'habile m^tropolitain fut assez
heureux pour obtenir Tapprobation patriarcale de sa
version et r^duire ainsi au silence ses contradicteurs.
II ne manqua pas de la mentionner dans la d^dicace
appos^e a la fin de la liturgie de saint Jean : « Avec la
benediction de Sa Saintete le bienheureux Parth£ne ,
Pape et Patriarche de la grande cit£ d' Alexandria...,
juge du monde entier » ! .
Parmi les adversaires de Dosith6e, m&ropolitain de
la Moldavie, il n'y en avait pas de plus grand que son
confrere le m^tropolitain de la Valachie Theodose. Ja-
loux d6fenseur de la tradition des anc£tres, il crut devoir
s'opposer au courant cr66 par Dosith6e, et se d6cida a
imprimer k Bucarest un nouveau missel slave. Cepen-
dant, pour tenir compte de la situation du bas clergtf,
il traduisit le typicon, c'est-^-dire les rubriques, en rou-
main, et, dans une longue preface, il declare ne pas
avoir voulu toucher au texte liturgique k cause de la
pauvret6 de la langue roumaine et par d6faut de bons
traducteurs. Du reste, dit-il, la plupart des fiddles ne
sont point capables de comprendre la liturgie, merae
s'ils l'entendent en leur langue maternelle.
1 Bibliografia, I, 262-263.
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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITUROIB DB SAINT JBAN CHRYS. J 4$
La publication de Th6odose, parue en 1680, est tr6s
bien r6ussie. C'est un volume in-quarto de 1 38 feuilles,
imprim6 en noir et rouge avec des caracteres assez
beaux ! . Mais l'exactitude avec laquelle on y a traduit
le typicon en constitue le plus grand m6rite. Ce n'est
plus un r6sum6 arbitraire, comme chez Dosith6e, mais
une version tr6s soignee. Cependant T6dition v^nitienne
et les liturgies slaves ne sont pas les seules que Th6o-
dose ait employees en guise d'original. II s'est guid6
souvent aussi sur le codex Ducas qu'il connaissait par
l'6dition de Savilius. C'est ce dont nous nous convain-
crons en 6tudiant les differences les plus importantes
entre la version de Th6odose et l'6dition romaine.
D'abord, l'oraison de la proth6se, en conformity avec
l'6dition de Savilius, n'est point plac6e imm^diatement
avant la synapti. A la petite entree, le chant: Vene\,
adorons, avant les tropaires, n'est pas omis, comme dans
l'6dition de Rome. Aux ectenies apr6s l'£vangile, il y a
d'abord la demande pour le prince, puis celle pour l'ar-
cheveque, ensuite celle pour le patriarche et enfin, ce
qui est assez 6trange, la demande pour les empereurs et
les imp6ratrices, unie k celle pour les fondateurs. Suivent
les ect6nies pour les morts, non imprim6es dans l'eu-
chologe romain. A 1 'exhortation: 'EitapaTe ?as yjX?OL$,
lors de la grande entree, Th6odose ajoute d'apr6s Sa-
vilius: Benisse\ le Seigneur de Sion, createur du ciel et
de la terre, en tout temps etc. Des trois prteres r6cit6es
ensuite dans le sanctuaire, il n'y a que la premiere, et
celle-lsi encore priv6e de sa conclusion : aXXi TptVj-
aepos, *• t. X.
Avant le Credo, le pr£tre recite le verset emprunte
a la liturgie slave, d'aprSs Migne (1. c, col. 91 5) : Je pous
1 Ibid. p. 230-237.
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746 CH. AUNER
aimer ai Seigneur, vous qui etes ma force: le Seigneur est
ma protection et mon refuge.
Nous arrivons maintenant aux rubriques de la con-
secration dont nous avons d6ja relev6 Timportance et
retendue plus grande que dans Tedition romaine. Elles
sont emprunt6es au codex Ducas. Nous les reproduisons
ici: « Ensuite le pretre, en baissant la tele et en elevant
sa droite avec humilite, benit le pain saint, et dit a haute
voix: Prenez, etc. Avant de consacrer le vin, le pretre,
comme il a ete dit plus haut, en elevant sa droite avec
humilite, benit le saint calice, en disant : Buvez, etc >.
Apr6s la fraction du pain, nous rencontrons dans la
version de Th6odose une longue instruction concernant
cette fraction et la mantere de donner la communion
au peuple. Cette instruction , r6p6t6e dor&iavant plus
ou moins exactement dans toutes les versions rouraai-
nes, ne se trouve point dans 1'gdition de la Propaganda
Les oraisons pr6paratoires a la communion: Kupte, oux
eifjit aJjios, et O Oeds r)(Juov, ne sont point reproduces.
malgr6 leur presence dans Savilius. Par contre on y
trouve, aprds la commynion du clerg6, la commemo-
raison de la resurrection en quatre prteres, pass^es de-
puis 1759 dans toutes les editions posterieures.
La langue de la version de Th6odose est bien su-
p^rieure & celle de Dosith6e ; aussi servira-t-elle de mo-
dule aux editions suivantes.
3. DIX-HUITlfcME SIECLE.
Au seuil du XVIIP stecle eut lieu un 6v6nement de
la plus haute importance pour TEglise orientale. Les
Roumains de la Transylvanie se d6clar6rent en bloc
unis au Saint-Stege. II est vrai qu'ensuite la plupan
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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITUROIB DB SAINT JBAN CHRYS. 747
d'entre eux retourn&rent k Torthodoxie ; d'abord le
district de Brasov qui dependait £conomiquement de
la Valachie, ou l'on £tait fort vex<£ du fait accompli;
plus tard le patriarche serbe r£ussit, a force d'intrigues
et d'emeutes, a soumettre k sa juridiction un grand
nombre de Transylvaniens en les arrachant a Tunion ! .
De nos jours TEglise roumaine-catholique de Hongrie
compte 1.200.000 ames, reparties en quatre Eparchies,
dont la m£tropole est & Blaj. Les Roumains orthodoxes
y sont actuellement au nombre de 1 .700.000 , group6s
en trois eparchies, dont un archeveche a Sibiu. D'abord
ni l'Eglise unie, ni surtout les paroisses repasses au
schisme, ne sentirent le besoin d'avoir leur propre edi-
tion des livres liturgiques. Ce n'est que plus tard que
nous rencontrerons des missels publics & Blaj et a Sibiu.
En attendant, on employ ait aussi en Transylvanie les
Editions faites dans les principautes. Nous pouvons
done reprendre le fil de ces publications.
La quatri£me version roumaine a ete imprimee en
1702 & Buzeu en Valachie, par M£trophane, eveque de
cette ville. Le volume, in-quarto, contient 206 feuilles,
imprimees en noir et rouge. C'est une reimpression du
missel de Theodose, avec le texte slave, et le typicon
en roumain 2 , il contient quelques rares changements
sans aucune importance. Cependant il faut noter, ce qui
nous servira plus tard, que, dans les rubriques de la
consecration, on a oublie de mentionner la benediction
du pain. Relevons encore parmi les pri6res prepara-
toires & la communion le Kupie, oOx eijxt aJjtos et le 'O
1 On peut consulter en cette matiere les ouvrages tres importants
du chanoine Dr. A. Bunea, surtout: Episcopii P. P. Aron si Dionisiu
Novacovici ; Blaj, 1902.
2 Bibliografia, I, 435-440.
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748 CH. AUNER
0e6<; TQuitoW, que nous rencontrons bien rarement dans
les versions roumaines. Le missel en question s6 trouve
k l'Acactemie roumaine , comme du reste toutes les
publications £num£r£es dans cette etude, k moins d'un
renvoi different.
Nous arrivons maintenant k la cinquieme version,
TOUTE ROUMAINE, DE TEXTE ET DE RUBRIQUES, qui 1110nt«"e
deja un degr6 de perfection tel, qu'elle est restee typique
jusqu'& nos jours. Meme les dernteres editions n'y ont
apporte que de ieg£res modifications et n'ont presque
pas touchy a la beaute de la langue. C'est au c6l6bre
metropolitain de Valachie, Anthime d'Ib£rie (Ivireanul),
que Ton doit cette version module. Le volume in-quarto
comprend 2 1 2 pages, imprim6es en belles lettres noires
et rouges, et orn6es de plusieurs gravures. II fut 6dit6
k Targoviste en 1713 ! . Pour son travail, Anthime s'est
regie fideiement sur Teuchologe venitien de 1691; aussi la
ressemblance avec l'edition romaine est-elle plus grande
que celle des versions anterieures. Cependant toutes les
fois que les rubriques de Toriginal grec etaient d'accord
avec celles de l'edition theodosienne , on n'a fait que
copier ces dernteres, sauf quelques termes slaves rem-
plac^s par des radicaux latins, comme p. e. molitva par
rugaciune.
Apr6s cette remarque generate, il suffit de noter que
Tinstruction pour la communion des fiddles est pass6e
aussi dans la publication d'Anthime, de sorte qu'elle se
trouvera dor^navant dans toutes les versions posterieu-
res. Remarquons encore que , probablement par inad-
vertance, on ne fait plus mention de la benediction sa-
cerdotale k la rubrique pour la consecration du vin.
1 Ibid. p. 487.
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LKS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITUROIB DB SATNT JBAN CHRYS. 749
Est-ce par rivalit6, est-ce par conviction, toujours
est-il que c'est maintenant au tour du m&ropolitain
G£d£on de Jassy de riposter a son confrere de Targoviste,
et a expier Tinnovation de Dosith6e , en publiant en
1715, avec la benediction du patriarche Chrysanthe de
Jerusalem, un missel slave, avec le typicon roumain l .
Mais il n'a fait que r&mprimer l'gdition de Buzeu telle
quelle . sans rien changer ni & l'orthographe , ni aux
abrtviations, ni meme aux fautes. Ce n'est que le com-
positeur qui a confondu parfois les sons semblables : e
au lieu de % c au lieu de 3, etc. II semble que les ca-
racteres de cette Edition soient sortis de la meme fon-
derie que ceux de Buzeu.
C'est avec cette publication que finissent les missels
slavo-roumains et que commencent les r&mpressions ,
toutes en types noirs et rouges, et ordinairement de
format petit in -quarto. Ainsi la sixteme version, impri-
m6e & Bucarest en 1728 f , n'est-elle qu'une copie fiddle
de celle d'Anthime. On croirait avoir devant soi une Edi-
tion st6r6otyp6e, tellement les lignes et les pages sont
semblables. Comme les deux tirages sortirent de la meme
imprimerie, on eut aussi les m£mes caracteres.
Cinq ans plus tard, Innocent, 6veque de Ramnic-
Valcea et suffragant de Bucarest, publia un missel cal-
qu6 sur la meme 6dition-type, avec parfaite concordance
des lignes.
En 1741, c'est encore Bucarest qui r66dita la publi-
cation d'Anthime en la copiant telle quelle. II n'en aura
pas 6t6 autrement de l'6dition de Bucarest, 1742, dont
on n'a pas encore retrouvg d'exemplaire 3 .
1 Bibliografia, I, 497-498.
2 Bibliografia, II, Bucarest 1905, p. 35. En 1728, Bucarest 6\a\x de'ja
devenu le siege du me'tropolitain de la Valachie.
• Ibid. II, 35,48, 55,6i.
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750 CH. AUNRR
En 1745, Jacques, Eveque de Radautzi en Bukovine,
alors suffragant de Jassy, publia la liturgie de saint Jean
Chrysostome en format petit in-folio ! . Mais cest une
version de 1" ArchiEraticon , comprenant seulement les
oraisons Episcopates, interrompues en outre par le rite
de la consecration du pretre et du diacre. Cest pour-
quoi son examen n'entre point dans cette Etude. En 1777,
la Bukovine devint une province autrichienne dont
l'Eveque fixa sa residence dans la nouvelle capitate,
Czernowitz (Cernautzi). MalgrE son extreme richesse,
cette Eglise ne s'est jamais donnE de missel particulier.
Cest pourquoi il n'en sera plus question dans la suite.
L'annEe 1747 vit surgir k la fois trois rEimpressions
fiddles du missel d 1 Anthime : a Bucarest, a Ramnic, et, fait
assez Etonnant, a Jassy. On trouve les details sur l'ex-
tErieur de ces Editions dans la Bibliographic roumame \
Nous avons comptE jusqu'a prEsent douze Editions
de la liturgie en langue roumaine. Vers la moitte du
XVIH e siEcle, en 1756, nous rencontrons enfin la pre-
miere PUBLICATION DU MISSEL FAITE A BLAJ, POUR LES ROU-
mains unis 3 . On est singuliErement frappE de constater
que ce missel n'est qu'une copie mot & mot de Edi-
tion d'Anthime. On y a meme transcrit dans le Credo
le mot synodale comme marque de TEglise. Seulement,
lorsque la version originate prEsentait une lacune, Rdi-
teur a eu soin de la combler en remontant k la publi-
cation thEodosienne. Cest ce qu'il fait pour le: Vene\
adorons, et Seigneur, sauve\ vos pieux serviteurs, apr&
la petite entrEe.
» Ibid. II, 87.
2 Ibid. II, 98-99.
• Ibid. II, 1 3 4 .
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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYS. jS 1
II est important de nous arreter un moment k la
consecration. Nous avons d6]k dit que la version d'An-
fhime ne mentionne plus la benediction du prfitre dans
les rubriques relatives k la consecration. L'editeur de
la liturgie de Blaj s'ape^ut de cette omission grave et
reprit le texte primitif de la version de Th£odose. La
port6e de cette benediction saute aux yeux. Imm6diate-
ment avant la forme cons6cratoire, la liturgie nous fait
assister a la derntere c6ne, ou J6sus benit le pain et le
vin, en le transsubstantiant en son corps et son sang. Or,
puisqu'& F6picl6se il y a aussi une triple benediction du
pretre, rien ne saurait mieux figurer le rapport du r£cit
6vang&ique et de l'6picl6se a la consecration op6r6e en
vertu des paroles de J6sus-Christ.
L'instruction pour la communion des fiddles est un
peu dififerente de celle des Editions connues. Avant la
communion il y a aussi les prteres: Kupte, oOx eifxt a£to$
et 'O <rhd$ rifxciiv, prises de T6dition de Buzeu.
Pour ce qui concerne la langue, on s'est born6 k
traduire en roumain les passages slaves 6chapp6s 9^ et
1& k Anthime. Ainsi le npeMKApocTh np.!cTH est reproduit
par: cu intelepciune dreapta, avec sagesse vraie; le mn&tma
msta par: multi ani, beaucoup cfanne'es. Aucune trace
de latinisation.
Apr6s avoir constate que la version d* Anthime 6tait
acceptee par tout le monde, on est 6tonn6 de trouver
une Edition, publtee par le m^tropolitain de Jassy,
Jacques Putneanul, en 1759 ! , qui, tout en suivant pour
le texte la version cit6e et pour le typicon le missel de
Th6odose, offre n^anmoins un grand nombre de va-
1 Ibid. 11, 145.
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752 CH. AUNSR
riantes morphologiques et syntaxiques, voir meme des
differences dans les rubriques. Une partie de ces va-
riantes est 6videmment arbitraire, mais une autre est due
& l'euchologe de Venise de 1752. que Ton prit pour
module dans une mesure plus large que ne l'avait fait
Anthime. C'est pourquoi la version de Jacques approche
de l'6dition romaine plus que les versions ant&ieures.
Ainsi, & F616vation, il n'y a que la rubrique pour le dia-
cre; absolument comme dans l'edition de Rome.
Apr6s la communion du sang, il y a une instruction
pour le diacre sur la mantere de distribuer la commu-
nion aux fiddles. Ensuite, apr6s V EG^aptcrroOuev, le diacre
dit en essuyant le calice: Lave{, o Seigneur, les peches
de ceux qui se trouvent ici, avec votre sang honore, en
consideration des prieres de vos saints. Suivent les quatre
prteres de r Edition th^odosienne, traduites en roumain.
A la fin de la messe, il y a, outre le tropaire et le kon-
dakion de saint Jean Chrysostome, celui de la Tr6s
Sainte Vierge.
Le missel de Jacques a 6t6 souvent copte. Les Edi-
tions orthodoxes modernes s'en ressentent fortement.
Les quinzteme et seizteme Editions de la liturgie rou-
maine ont 6t6 tir6es k Ramnic, en 1759 et 1767. Tandis
que la premiere n'est qu'une simple r&mpression du
missel de Ramnic de 1747, et par consequent de la ver-
sion d'Anthime, la seconde est une reproduction exacte
du missel de Jacques, public a Jassy en 1759 l . On
n'a fait que remplacer certains mots et formules slaves
par leur traduction roumaine, comme il a 6t6 dit pour
T6dition de Blaj. Une seule fois Tauteur s'est permis
1 Ibid. II, 146-147, 173.
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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITURGIB DB SAINT JBAN CHRYS. 753
de suivre T^dition d'Anthime, & savoir pour l'instruction
concernant la communion des fiddles, parce qu'elle y
est en effet plus claire.
Les sept Editions suivantes sont aussi des r&iiipres-
sions.
17. Buzeu, 1769, reproduction fid61e du missel d'An-
thime.
18. Blaj, 1775, copie exacte du premier missel de
Blaj. Belle Edition l .
19. Bucarest, 1780, r&mpression du missel d'Anthi-
me. Quelques rares variantes arbitraires. Edition n6glig6e.
20. Ramnic, 1787, copie exacte, avec la meme pa-
gination, du missel de Ramnic, 1767, et par consequent
de la version de Jacques.
21. Jassy, 1794, reproduction fid6le de cette derntere
version.
22. Bucarest, 1797, copie exacte de l'lditionde Ram-
nic, 1767. Voici done Bucarest adoptant le missel de
Jassy !
23. Sibiu, 1798. Pour la premiere fois TEglise
ORTHODOXE ROUMAINE DE LA TRANSYLVANIE Se donne Un
missel. Gouvern6e d'abord, et longtemps, par la hte-
rarchie serbe, elle n'obtint d'6vfique particulier qu'en
1784. Le courant nationaliste ne tarda pas & se mani-
fester par Timpression du missel en question. II n'est
du reste qu'une copie tr6s exacte de celui de Ramnic
(1767) ou du missel de Jacques. La publication est tr6s
belle et soign6e. Les caract6res sont de deux grandeurs.
1 Nous devons la liste complete des missels roumains depuis 1770
jusqu'en i83o a l'amabilite' de M. Hodos, collaborates a la Bibliographic
roumaine, dont la tin ne paraitra que l'annle prochaine. Tous les livres
cites ici se trouvent a l*Acad£mie Roumaine, et sont de format petit in-
quarto, imprimis en noir et rouge, sauf indication difteVente.
48
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754 CH. AUNER
4. DIX-NEUVlfeME SlfcCLE.
Le nouveau stecle commence avec deux Editions
transylvaines. Tune de Sibiu en 1806, Tautre de Blaj
en 1807. Ces livres n'existent point dans les bibliothfc-
ques de Bucarest, et nous n'avons pas eu la possibility
de les examiner. Mais il n'y a pas de doute que le
missel public k Sibiu ne soit un caique exact de celui
de 1798, puisque deux Editions post6rieures des ann6es
1809 et 1 8 14 continuent k copier le dit missel. Seulement,
le format est devenu grand in-quarto.
Les vingt-septteme et trentteme Editions furent pu-
blics k Ramnic en 181 3 et 1817. Ce sont des repro-
ductions du missel tir6 dans la meme ville en 1767,
copie lui-meme de la version de Jacques.
Au nouveau stecle, on sentit k Jassy le besoin de
changer quelque chose au missel de Jacques, que tout
le monde avait d6]k adopts. On le fit dans I^dition
de 1818, un volume in-folio, imprint fort joliment en
caract6res de deux grandeurs. D'abord, on rempla9a
les radicaux slaves par des mots roumains: molitva
par rugaciune, prestol par masa. blagoslovit par bine-
cuvantat, etc. De plus, on jugea a propos de donner a
certaines phrases une autre tournure. Enfin, on chan-
gea quelques mots par d'autres d'une mantere assez
arbitraire. En un mot, le m&ropolitain Benjamin Costaki
fit k l'edition de son pr£d6cesseur Jacques ce que celui-ci
avait fait k celle d'Anthime. Les differences de contenu
sont insignifiantes. Elles se r&duisent k 1'amplification
d'une rubrique et de l'instruction pour la communion
de plusieurs conc616brants. Citons encore une faute qui,
provenant de 1' EtfyoXiYtov ii ^iya de Venise, 1759, s'est
perp6tu6e ensuite dans les versions roumaines jusqu'a
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LBS VERSIONS ROUMAINRS DB LA LITURGIB DB SAINT JBAN CHRYS. 755
nos jours : « La plenitude du calice de la foi du Saint
Esprit », mots recites lorsque le pretre met dans le calice
le quart de l'hostie. Les mots: du calice sont de trop.
La version de Benjamin subit encore plusieurs va-
riations pour se transformer successivement dans les der-
nteres Editions de la liturgie qui est aujourd'hui en
usage dans toute la Roumanie.
La trente-deuxteme edition est celle de Sibiu: un
volume grand in-quarto public en 1827. C/est une reim-
pression exacte, page pour page, de l'edition faite en
1809 dans la meme ville. Avec ce missel, nous ten-
minons la liste complete des Editions publiees jusqu'A
Tan i83o. Depuis cette date, le nombre des Editions a
trop augment^ pour qu'on puisse les prendre toutes en
consideration. II suffira par consequent d'examiner celles
qui forment la transition aux editions modernes, et de
noter les autres au bas des pages dans la mesure oil
nous avons pu les examiner.
Mais, avant d'entrer dans ce sujet, fl importe de citer
un missel interessant a un autre point de vue. Nous
avons omis k dessein de parler de la vingt-neuvteme
version roumaine, faite en 1 8 1 5 k Kischinew (Chisineu)
en Bessarabie, dont on ne connait qu'un exemplaire, k
la bibliotheque centrale de Jassy. Cette edition presente
un interet special k cause de sa provenance. La Bes-
sarabie, actuellement province de la Russie, faisait jadis
partie integrante de la Moldavie et on y employait sans
doute les missels publies a Jassy. En 1812, par le traite
de Bucarest, ce pays tr£s fertile fut annexe k la Russie,
et Gabriel, que, pendant la guerre, les Russes avaient
nomme metropolitain de la Moldavie, a la place de
Benjamin, quitta Jassy pour s'etablir k Kischinew, ca-
pitate de cette province. A cause de la population en
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756 CH. AUNER
majority roumaine, il fallut y tol^rer la liturgie roumaine,
sauf les modifications r6clam6es par la nouvelle situa-
tion politique. C'est ce qui donna le jour au missel
de 181 5. Une Edition post6rieure , de Fan 1837, nous
apprend que ces modifications 6taient en effet de nature
purement politique. Le volume petit in-octavo est une
reproduction du missel de Jacques (Jassy, 1759), & part
quelques termes plus modernes empruntSs au missel
de Benjamin et k celui de Buzeu de i835. Mais on y
a intercal6 Tect6nie pour le « tres saint synode dirt-
geant », ainsi que celle pour le tsar, la tsarine, et qua-
torze archiducs appetes par leurs noms avec leur fa-
mille. En 18 56, le traits de Paris rendit k la Moldavie
la partie m^ridionale de la Bessarabie. Cependant on
sentit le besoin, dans la partie rest6e russe, de publier
une nouvelle Edition de la liturgie de saint Jean. C'est
toujours un volume petit in-octavo , paru a Kischinew
en i860, comme simple reproduction du missel de 1837.
On n'y a change que les noms de la famille imp6riale.
Enfin, en 1878, le trait6 de Berlin a donn6 de nouveau
k la Russie la Bessarabie toute enttere, et d6s lors la
russification de cette province, ou il ny a point 1'ob-
stacle d'une autre religion, a fait des progrfes tels que
la liturgie ny est plus c£16br6e qu'en langue slave. Nous
n'aurons done plus k nous occuper des Roumains ha-
bitant ces contr^es ! . II en est de meme des Aromans
ou Koutzo-Valaques qui habitent la Mac6doine et les
regions attenantes. lis sont soumis au clerg6 grec dont
ils cherchent k se d^barrasser.
Le missel de Benjamin re9Ut des variantes tr6s 16-
g6res, dues k des principes assez ind^cis, lors de sa rt-
1 L. C. Arbure, Basarabia in sec. xix. Bucarest, 1899, p. 504 ss.
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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITURGIB DE SAINT JBAN CHRYS. 7$-]
impression in-quarto & Jassy, en 1834. Nous avons dej£
vu que, en 1797, Bucarest avait adopts le missel
de R&mnic, reproduction lui-meme de celui de Jacques.
En i835, Buzeu reimprima l'edition cit6e de Bucarest l 9
sauf des variantes aussi insignifiantes que peu motivees.
Voild done toute la Valachie f employant le missel de
Jassy. Dor6navant il n'y aura plus d'autre version pour
lui disputer la place.
Cependant, ladite version subit des modifications as-
sez importantes lors de l'tomoN de jassy de 1845. C'est
un tr6s beau volume in-folio, imprime en lettres noires,
rouges et dories, de deux grandeurs differentes. On se
servit de la version de Benjamin comme de module prin-
cipal, non sans se r£gler parfois, surtout dans les ru-
briques, sur l'edition de Buzeu de i835. II est interes-
sant de constater qu'on a cru pouvoir se dispenser de
toute collation avec l'edition officielle de Venise (1839).
Pour ce qui concerne la langue, on a cru devoir tenir
un compte . tr£s large du courant latiniste qui avait com-
mence a s'accentuer depuis une dizaine d'annees. C'est
plutot le typicon que le texte qui s'en ressent. L'instruc-
tion pour la communion des conceiebrants et des fi-
ddles est longue et suit un bon ordre logique. Nous la
retrouvons presque telle quelle dans les editions mo-
dernes.
II importe encore de noter cette prescription adres-
s6e au pr£tre et au diacre, la benediction des deux
esp6ces k l'epiclese etant achevee : lis sinclinent 3 tous
1 Reproduce elle-meme a Bucarest en 1 833 , sans la moindre va-
riante. Aussi Te'dition de Buzeu, i835, fut-elle r£imprim£e dans la meme
ville, invariablement, page pour page, en 1840.
* Nous faisons abstraction de 1'eVeche' tout recent d'Arges, fonde*
en 1797, qui n'a jamais imprime* de liturgie.
3 Par le mot: « se inchina » on entend aussi en roumain 1'adoration.
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758 CH. AUMER
les deux jusqu a terre. Ce complement de rubrique, Stran-
ger k tout original ancien, se trouve ici pour la pre-
miere fois dans un missel roumain. Serait-ce par raison
dogmatique? A la consecration, il n'y a que la rubrique
tr6s sobre de l'Sdition romaine.
L'£dition « corrigSe » de Bucarest, i855 l , est encore
plus radicale dans r&imination des slavismes. Mais ce
n'est pas la seule correction qu'on ait faite au missel
de Buzeu, i835. Outre de nombreux changements de
formes et de syntaxe, il y a aussi difference de contenu.
Les ect£nies pour les dSfunts sont termin6es par le rite
suivant, inconnu dans tout autre missel: En heureuse
dormition, donne{, Seigneur, repos eternel aux antes
de pos serviteurs defunts dont nous venons de /aire la
mimoire , et faites-leur une commemoraison eternelle.
Rubrique: Et Ton chante k Tautel et dans les deux
choeurs: Commemoraison eternelle! A la consecration, il
y a les trois rubriques du missel d'Anthime.
En 1862 *, on r&mprima aussi k Ramnic le missel
de Buzeu, 1 835 3 . Mais on s'y permit, sinon dans le
texte, au moins dans le typicon, des variantes, chan-
gements et mSme additions telles, que Tessai parut trop
hardi pour servir de module k une autre edition 4 .
Les versions modernes, rest£es ensuite typiques et
employees dans toute la Roumanie, commencent avec
1 Bibliotheque du s^minaire central a Bucarest. La meme edition a
e'te' reproduite telle quelle a Bucarest en i858.
3 En la meme annle, on publia aussi a Bucarest un missel d'apres
celui de Buzeu, 1 835, avec beaucoup de variantes. Bibliotheque du s^mi-
naire catholique a Bucarest.
8 Bibliotheque du se'minaire central.
4 Citons encore l'ldition du monastere de Neamtu en 1864, repro-
duction presque invariable de celle de Jassy, 1845. Ensuite, la ^impres-
sion exacte de cette derniere Edition, publie'e a Jassy en 1868.
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LBS VERSIONS ROUMAINBS DE LA L1TURGIE DR SAINT JEAN CHRYS. •}$$
TtorrioN de bucarest, 1888. Elle est copi6e sur celle de
Jassy, 1845, bien entendu avec force variantes, surtout
lexicologiques. On dSpassa m£me la limite admise pour
la suppression des radicaux slaves, puisqu'on dut y
revenir en partie dans l'gdition la plus r6cente ! . Au
Credo, TEglise est dite: catoliceasca.
En Transylvanie, nous trouvons d'abord une Edition
du missel a Sibiu, en i835 2 . C'est d6ja la sixteme Edi-
tion reproduisant exactement, page pour page, le m£me
original de Ramnic, 1767. 11 n'y a que les temps mo-
dernes qui ont pu 6branler ce conservatisme a outrance.
En effet la derntere Edition de Sibiu est, pour ce qui
concerne le texte, une copie de celle de Bucarest, 189 5.
On y trouve non seulement, a quelques exceptions pr6s,
la m£me syntaxe et terminologie, mais encore une faute
commune tr6s facheuse dans la prtere pour les morts:
Ca nu nutnai Tu esti far a de pecat (Car vous - le Sei-
gneur - n'£tes pas le seul sans p6ch6). Du reste il n'a
pas fallu changer beaucoup le texte primitif pour arriver
a cette concordance, vu que la source commune des
deux liturgies est la version de Jacques (Jassy, 1759).
Quant aux rubriques, leur redaction a 6x6 faite tr6s li-
brement, de sorte que le sujet seul leur est commun
avec celles des autres missels.
Mais aucune Edition de la liturgie roumaine n'a subi
des variations aussi profondes, au point de vue lexico-
logique, que celle de Blaj, 1870. Le courant latiniste
6tait alors a son apogee. Des hommes s6rieux se mi rent
1 C'est celle de 1902. En 1892, on n'a fait que reproduire rendition
de 1888.
3 Bibliotheque du s^minaire catholique.
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760 CH. AUNBR
a fabriquer avec des 61£ments latins, et en une ortho-
graphe horrible, un nouvel idiome qu'ils s'obstinaient
& regarder pour la veritable langue roumaine. C'est de
Blaj qu'£tait partie cette direction Strange, patronn6e,
sans doute avec moins d'exc6s, par le chanoine T. Ci-
pariu, Eminent philologue. Rien d'&onnant que l'6dition
du missel en question s'en ressentit fortement. D'abord,
c'est le premier missel roumain imprim£ en lettres la-
tines. Puis on ne reconnait le module, missel de Blaj, 1775
ou 1807, qu'& la succession des parties et au sens com-
mun. Cela m6nerait trop loin que de vouloir citer tous
les exemples & l'appui de notre affirmation. II suffit de
considSrer quelques mots et specimens d'orthographe
impossible: demanda (porunceste, commandez), bene
sciresci (binevestesti, euotyyekifas), suscepe (primeste, re-
9oit) , neinculpata (nevinovata , innocente) , despunato-
riule 1 (stapane, seigneur); basereca (biserica, 6glise),
volia (voia, volontS), dein (din, de), liertare (iertare,
pardon), in-a-ante (inainte, avant), si (si, et), dicundu
(zicand, disant).
En passant aux 616ments de la liturgie, nous trou-
vons d'abord, dans le symbole, pour TEglise, TSpith&e:
catolica. Pilate est toujours du Pont: Pilatu dein Pontu.
Imitant les Latins, on a imprimS les deux formules de
la consecration en lettres majuscules. Les trois rubriques
qui s'y rapportent ont 6x6 coptees sur l^dition module.
Apr6s T "Aljiov, le memento pour les vivants et les morts
est. comme dans l'Sdition romaine, une abr£viation des
ect£nies que Ton recite avant Toraison pour les cat£chu-
mfcnes ; elle est emprunt6e indirectement a Migne (1. c,
1 Ce terme est employe* aussi dans la version de Dosith^e en 1680,
mais il n'est pas roumain.
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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITURGIK DB SAINT JBAN CHRYS. 76 I
col. 917). Pour Tinstruction sur la communion des fiddles,
on a consult^ aussi le missel de Buzeu, i835.
5. CONCLUSION.
Nous terminerons notre 6tude en comparant les
versions les plus r^centes de la liturgie roumaine, parues
au XX C stecle, avec l'6dition romaine du petit eucho-
loge grec. Nous avons d6]k vu que le missel de sibiu
n'est qu'une copie de celui de Bucarest, 189 5. Par con-
sequent, tout ce que nous dirons de l'gdition de Buca-
rest vaut aussi pour celle de Sibiu, a moijis que nous
n'indiquions le contraire.
Pour ce qui concerne le texte liturgique du missel
de bucarest, 1902, il importe de noter que T6dition of-
ficielle du patriarcat de Constantinople (189 5) n'a 6t6
consults en aucune fa9on. En effet, le « Comite diri-
geant la typographic patriarcale » a touchy au texte
sacr6 en plusieurs endroits, comme on peut facilement
s'en convaincre. Or, dans le missel de Bucarest, il n'y
a point de trace de ces changements. D6s lors on n'a
au fond, dans le dit missel, que les anciennes editions
v£nitiennes, officielles jusqu'en 1895, ou bien l'Sdition
romaine de 1872. Nous avons dit au fond, car, depuis
les deux stecles que nous poss^dons des versions rou-
maines, certaines differences ont eu le temps de se pr£-
ciser et de s'af&rmer jusqu'A nos jours.
Ce sont les ect^nies qui s'en ressentent davantage.
On y prie pour le tres saint archeveque et m&ropolitain,
ensuite pour notre tres haut roi aimant le Christ, et Ton
comm^more la famille royale; on a ajout£ les pillages
aux villes; enfin e'est ici pour la premtere fois que,
dans la derntere ect^nie, on n'a pas oublie & Bucarest les
mots: le danger, celles d'aprds T6vangile ont re9u d leur
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762 CH. AUNER
tour des amplifications notables. L'ordre est interverti;
on a ajout6 & la troisteme les hierodiacres , diacres et
moines; iSeXywv (rrfc QLyi<z$ fxovf^ TaiiT/)<;) y est traduit
par paroissiens l , fondateurs et bienfaiteurs - ce qui est
du reste plus logique -; & la premiere, iifxiou TrpeafJu-
tipiou est rendu par: nos freres dans le Christ. L'ectenie
pour le souverain est de la teneur suivante : Nous prions
encore pous notre tres haut roi aitnant le Christ (on
commemore la famille royale), pour sa domination } sa
victoire, sa vie, sa paix y sa sante, son salut et la remis-
sion de ses peches, et surtout pour que le Seigneur notre
Dieu lui vienne en aide et dirige sa voie en tout *, et
soumette a ses pieds tout ennemi et adversaire. Suivent
les demandes pour les morts omises dans l'6dition ro-
maine. Avant la seconde prtere des fiddles, il y a quatre
ect&iies a reciter par le diacre, si le diacre est present.
A la grande entree, on ne s'est point content^ de Tect6-
nie g6n6rale, r6p6t6e, et du tcAvtcdv Y)[xaiv amplifte par
Chretiens orthodoxes 3 , mais on a encore ajout6 cinq au-
tres comm6moraisons du m&ropolitain, du souverain,
du clerg6, des fondateurs et, ce qui est bien remarqua-
ble, du conseil (des ministres), des commandants de Far-
mee y des maires des villes et toute larmee aimant le Christ 4 .
Certaines formules imprim^es dans l'ldition de Rome
ne le sont pas dans celles de Bucarest et de Sibiu.
Ici, l'oraison de la proth6se ne fait point partie de la
messe proprement dite. La prtere de la chaire sup6-
rieure n'a jamais figure dans aucune version roumaine.
Les mots: psaume de David, r6cit6s par le lecteur a Te-
1 Manque dans le missel de Sibiu.
2 Remplace* dans rendition de Sibiu par: lui accorde abondance.
8 Au missel de Sibiu : Tout notre peuple chretien aimant le Christ.
4 Cette ect^nie ne se trouve point dans la version de Sibiu.
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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITUROIB DB SAINT JBAN CHRYS. 763
pitre, y manquent, k cause de leur omission faite k
Jassy en 1845. La derntere phrase du 'O eu<x£V)|xu>v 'Ico-
<xV)p — iXXi Tpf/jfxepo;, etc. — ne se trouve que dans
la version de DosithSe. A la comm^moraison des morts,
la formule est abr£g6e : Souvene\-vous de tous ceux qui
se sont endormis avec iesperance de la resurrection de la
vie eternelle, et donne\ leur le repos, la oil luit la lumiere
de votre visage. A T616vation de l'hostie, on a omis Tin-
vocation : Seigneur, soye^-moi propice, a moi qui suis un
pecheur. Le mot i^pavrov, dans la formule pour la com-
munion du diacre, manque dans la version roumaine,
k la suite de Tinadvertance commise par les 6diteurs
du missel de Bucarest, 189 5. Manquent les deux longues
oraisons pr^paratoires k la communion: Ktipie, oOx ei|xt
a!jto$ et O (")eds Y)|x<dv .
Par contre. il y a dans le missel de Bucarest beau-
coup de passages omis dans l'6dition romaine. Ainsi, on
n'y a point omis le chant k la petite entree : Vene\,
adorons, etc. A Tencensement qui suit la grande entree,
le pretre recite les deux derniers versets du psaume Mi-
serere, et non pas seulement la proposition finale. Avant
le Credo, le prfitre dit k voix basse: Je vous aimerai,
Seigneur, vous qui etes ma force; le Seigneur est ma
protection et mon refuge. Ensuite, les c616brants se bai-
sent sur les 6paules en disant : Le Christ est au milieu de
nous, et en rSpondant : II y est et il y sera. Apr6s T6pi-
cl6se, le diacre se recommande au souvenir du pretre ;
T&liteur romain a omis de noter la r6ponse : Que le
Seigneur Dieu se souvienne de vous en son royaume,
toujours, etc. Avant la communion, le prStre et le diacre
disent trois fois : Seigneur, soye\-moi propice, a moi qui
suis un pecheur, puis ils ajoutent: et aye\ pitie de moi.
Cette addition est particultere a la version roumaine.
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764 CH. AUNER
Nous avons d6j& relev6, k dififcrentes reprises, la faute
singultere: La plenitude du calice de la foi du Saint
Esprit. L' instruction tr6s longue sur la fraction du pain
et la communion des conc616brants et des fiddles ne
se trouve, ni dans l'Sdition de Rome, ni dans celle de
Constantinople J . La prtere pr6paratoire & la commu-
nion: Ht<rreiiu>, est amplifi£e par une addition trts belle
et tr6s pieuse, mais un peu longue; on peut la voir
comme appendice dans le missel patriarcal (p. 92). Les
formules pour la communion du pr£tre avec le pr&ieux
Sang et pour la communion des fiddles sont omises
dans T^dition romaine; il n'en est pas ainsi dans celle
de Bucarest. Aprts la communion du clergy, le prttrt
dit : Lave\, Seigneur, avec votre Sang honore, les peches
de ceux qui se troupent ici, en consideration des prieres
de vos saints.
Suivent trois prteres assez longues en comm£morai-
son de la resurrection. Nous les avons trouv£es d'abord
dans le missel de ThSodose (1680). Nous en reprodui-
sons seulement la premiere:
Considerant la resurrection du Christ, adorons le saint
Seigneur Jesus, qui seul est sans peche. Nous adorons
votre Croix, 6 Christ, et louons et glorifions votre sainte
resurrection. Car vous etes notre Dieu, hors duquel nous
ne connaissons point d' autre, et nous nommons voire
notn. Vene\, vous, tous les fideles, et adorons la sainte
Resurrection du Christ. Car cest par la Croix quest en-
tree la joie dans le monde entier. Toujours en benissant
le Seigneur, nous louons sa Resurrection, car, etant cru-
cifie pour nous, il a vaincu la mort par la tnort.
N'est-il pas remarquable de retrouver mot & mot
dans cette prtere, tir£e de Tof&ce de la Resurrection,
1 Elle est un peu diftgrente dans le missel de Sibiu.
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LES VERSIONS ROUMA1NES DR LA LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYS. 765
l'antienne que Ton chante dans TEglise latine le Ven-
dredi saint: Crucetn tuam adoramus, Domine, e( sanctam
Resurrectionem tuam laudamus et glorificatnus; ecce enim
propter lignum venit gaudium in universo mundo?
Avant les dernteres ect6nies, l'edition romaine a omis
le chant: Que notre bouche se remplisse, etc. que Ton
trouve aussi dans les versions slaves, et qui est repro-
duit par le P. Cyrille Charon (1. c. p. 296-297).
La conclusion de la messe est tr6s explicite dans le
missel de Bucarest. Le pretre, apr6s avoir b£ni le peuple f
s'Scrie: Gloire a pous, 6 Dieu , notre esperance , gloire
a pous. Le choeur: Gloire au Pere... maintenant... Aye\
pitie de nous, trois fois. Benisse{. Le prfitre: Que (Le di-
manche : celui qui est ressuscite des morts) le Christ,
notre Dieu peridique, etc. com me dans Migne (col. 922).
Le choeur: Pour beaucoup cfannees! Suit le Nunc di-
mittis, trois fois le Trisagion, Tres sainte Trinite *.... Apr6s
quoi le tropaire et le kondakion de saint Jean Chryso-
stome, dont le premier se trouve dans l'6dition romaine,
tous les deux dans Migne (1. c). Enfin, le tropaire de la
sainte Vierge que nous avons d£j& rencontre dans les
missels de Th£odose et de Jacques.
Nous devons encore ajouter que, a Toccasion de la
r6volte des paysans dans le royaume de Roumanie, au
printemps de l'ann£e 1907, T6piscopat a present une
ect6nie sp^ciale apr6s l'6vangile, ainsi que certaines pri6-
res qui devaient etre r6cit6es a genoux a la fin de la
messe. Puisque ce supplement n'a qu'un caractere pas-
sager, nous n'y insistons point.
Outre les omissions et les additions, il y a encore
quelques variations de texte entre le missel de Bucarest
1 Cyrille Charon, p. 74.
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766 CH. AUNRR
et celui de la Propagande. Notons d'abord que la le-
cture: Sopia, bpOoi a complement supplant^, dans toutes
les versions modernes, celle de Migne : Eo^a bpH k . Dans
la prtere du cherouvicon, l'edition romaine met itpoaeO-
^ojxai au lieu de Tzpontp-^o^at. La version roumaine em-
ploie correctement le verbe venir. Au symbole, l'editeur
de Bucarest a cm devoir revenir aux versions ancien-
nes en rempla9ant la designation catoliceasca par sobor-
niceasca (synodale). II en est de mfeme dans les ect&iies
pour TEglise. Pilate n'est plus du Pont que pour Y6-
dition de Sibiu: a Bucarest on l'appelle de son nom:
Pontiu Pilat.
Apr6s cette etude assez minutieuse du texte, il nous
reste peu de chose a dire concernant les rubriques. II
est vrai que la difference du style et des details est tr6s
grande entre les quatre editions de Bucarest, de Sibiu,
de Rome et de Constantinople, mais le fond en est plus
ou moins identique. Nous ne ferons que deux remar-
ques. D'abord Tordre de la communion est plus lo-
gique dans le missel patriarcal : le prdtre et apr6s lui
le diacre prennent le saint Corps et ensuite le Sang de
Notre Seigneur. La version de Bucarest et celle de Sibiu
intervertissent l'ordre pour la communion du saint Corps.
L'edition de Rome fait la m£me inversion, mais en
outre, comme nous venons de le constater, on y a com-
plement omis la communion du Sang par le prStre.
En second lieu, nous ne pouvons gudre passer sous
silence I'innovation grave que Ton s'est permise au
Phanar & regard de la consecration. Pendant que l'edition
de Rome et les versions de Bucarest et de Sibiu n'y
ont deja que la seule rubrique pour le diacre, le missel
patriarcal a supprime celle-l& encore. Qu'il y ait la un
dessein pr6medite, une rubrique apposee dans ledit mis-
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LRS VERSIONS ROUMA1NES DB LA LITUROIB DB SAINT JBAN CHRYS. 767
sel k la fin de T6picl6se le prouve, rubrique par laquelle
on oblige - par pure invention - les celebrants a faire
alors trois genuflexions (YovuxXiaias) : rite inoui dans l'E-
glise orientale. Les versions roumaines ne prescrivent,
apr6s repictese. que Tinclination jusqu'a terre, introduite
par le missel de Jassy, 1845.
II ne nous reste plus k examiner que le missel des
Roumains unis public & Bi.aj en igo5. L'etude n'en
sera pas longue, puisque l'editeur de ce missel a eu
pour principe de se conformer le plus possible a l'Eu-
chologe romain. Aussi le missel de Blaj n'est-il autre
chose, tant pour le texte que pour les rubriques, qu'une
version tr6s fiddle de l'edition de Rome. Si parfois un
mot ou un passage indifferent des rubriques a 6t6 omis
ou ajoute, cela parait du plutot a Tinadvertance de la
redaction. Dans les seuls cas suivants on a cru ne pas
devoir s'6carter des editions anterieures.
L'oraison de la prothese se trouve bien avant la
messe, dans le rite de la proscomidie. La demande pour
le souverain nomme celui-ci : notre empereur et roi apos-
tolique aimant le Christ. Dans la derni£re demande, on
a omis: le danger. On n'a point oublie, apr£s la petite
entree, le chant: Vene\, adorons etc. Au trisagion, la
benediction du pretre est amplifiee par : Parce que vous
etes saint, notre Dieu, et c'est a vous que nous rendons
gloire, au Pere, etc. L'evangile est suivi d'une ectenie
pour le souverain identique & celle du missel de Sibiu.
A la grande entree, il est fait commemoraison du Pape,
de Tarcheveque, du souverain et des fondateurs, choses
qui ne se trouvent point dans Tedition de Rome. Le
Pape est encore nomme a la commemoraison des vivants
aprts r w A!jiov. La proposition finale du 'O eOaj^piwv
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r
768 CH. AUNBR
'IuxTTiip manque, comme dans le missel de Bucarest. A
Tencensement qui suit, le pretre recite les deux derniers
versets du Miserere. Avant le Credo, il y a le rite du
baiser de paix avec les formules qui s'y rapportent,
comme dans le missel de Bucarest.
II importe de noter tout spetialement que, pour la
consecration, on a conserve les rubriques tr6s explicites
du codex Ducas, adoptees dej& par la version de Th£o-
dose en 1680. Mais on a abandonne les lettres majuscu-
les employees pour la forme du sacrement dans l'edition
de Blaj, 1870.
Apr6s T6picl6se, vient la formule par laquelle le
prStre recommande le diacre au Seigneur, comme dans
le missel de Bucarest. Toujours en concordance avec
celui-ci, il n'y a pas, & I'eievation de Fhostie, le chant:
El; (JoVjOeiav, etc. Ensuite, avant la fraction du pain, une
rubrique present le chant du kinonikon, omis dans
l'edition romaine.
L 'instruction pour la fraction du pain et la commu-
nion du clerge et des fideies est tr£s Vendue dans le
missel de Blaj. Dans la prtere pr6paratoire & la com-
munion, llt<TTcu<o, on trouve, non seulement le beau sup-
plement ajoute & la version de Bucarest, mais aussi les
prteres Ktipte et 'O (-)ed<; de V edition romaine. La formule
pour la communion du pretre avec le saint Sang n'est
pas omise. A la priere de derrtere I'ambon, on nomme
de nouveau le souverain. La conclusion de la messe est
comme dans le missel de Bucarest, sauf le tropaire de
la tr£s sainte Vierge qui manque.
Au point de vue philologique , la langue roumaine
est plus correcte dans le missel de Bucarest que dans
celui de Blaj. On a suivi ici le courant latiniste qui
n'a pas meme pour lui l'antiquite, et on y a employe
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LBS VERSIONS ROUMAINBS D8 LA LITURGFR DB SAINT JBAN CHRYS. 7O9
des mots tels que : dispunetoriule, dimiti, demanda, jrup-
teloru, qui ne sont pas roumains. II en est de mfime
de l'orthographe inusit£e ailleurs : siedi, tienendu, tie. II
est vrai que la derntere Edition, comparativement &
celle de 1 870, montre d£j& un grand progrfcs, aussi bien
en lexicologie qu'en orthographe. II n'en est que plus
regrettable que Ton se soit arrSt6 & mi-chemin et que
Ton n'ait pas employ^ l'orthographe roumaine usit^e
de nos jours partout, mfime en Transylvanie.
Arrive & la fin de notre £tude, nous ne pouvons
qu'applaudir k la commission de Blaj, qui, se dSbaras-
sant des variantes plus ou moins arbitraires introduites
dans la liturgie roumaine, est revenue & une edition
datant au moins du XVty e stecle. II est vrai que les
missels v^nitiens font g6n6ralement montre d'une grande
negligence, et que, parmi ces editions, celles de Th» D6-
m&rios (1770-1777) paraissent en avoir le record. Aussi
est-il absolument nScessaire de les collationner avec la
publication des Xynoridi, avec les codices les plus an-
ciens et les autres sources de la liturgie grecque. Mais
une fois ce travail termini, les Eglises orientales de toute
langue devraient imiter Texemple donn£ par Blaj, car
toute autre liturgie ne saurait porter le nom de saint
Jean Chrysostome.
49
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XfTCOCTOHIKX
STUDI E RICERCHE
INTORNO
A S. GIOVANNI CRISOSTOMO
A CURA DEL COMITATO
PER IL XV" CENTENARIO DELLA SUA MORTE
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ROMA
LIBRERIA PUSTET
Piazza di S. Luigi de' Francesi
1908.
I9O7
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F>
TAVOLA DELLE MATERIE
Parte I.
Proemio P&g> V
I.
Sac. Nicola Titrchi, Professore nellc Scuole di Propaganda
Fide. — La figura morale di S. Giov. Crisostomo. » 3
II.
Right Rkv. Dom. E. C. Butler, Abbot of Downside. —
Autorship of the Dialogus de Vita Chiysostomi » 35
III.
R. P. Ambrooio M. Amklli, O. S. B., Priore di Montccas-
sino. — S. Giovanni Crisostomo anello provviden\ia\e
tra Costantinopoli e Roma » 47
IV.
Prof. Francesco Saratini. — L 9 Opera sociale di San Gio-
vanni Crisostomo » 61
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I 142 TAVOLA DKLLE MATER1E
V.
Dr. Anton Naegele. — Chtysostomos und Libanios.
I. Lehrcr und Schuler. - § i. In der Rhctorenschule. » Sf.
§ 2. Auf der Rcdncrbuhne » no
II. Rhetor und Homilet 1 1 1
III. Johanes Chrysostomus und das letzte Wort des ster-
benden Libanios 5 #8f
VI.
P. Giov. Aucher, Mechitarista. — 5. Giovanni Crisostomo
nella letteratura armena > 14?
VII.
P. Constantin Bacha, Rcligicux basilien dc Saint Sauveur
(Mont Liban). — S. Jean Chrysostome dans la littera-
ture arabe » i;3
VIII.
P. Airemo Pat.mtert, O. S. A. — San Giovanni Crisostomo
nella letteratura russa > iSo
IX.
P. Michel Tamaratt. — Saint Jean Chrysostome dans la
litterature georgienne » 2i3
X.
Prof. Sebastian Hatdacher. — Chrysostomus-Fragmente :
A. Chrysostomus-Fragmente zum Buche Job. . . . » 217
Ji. Chrysostomus-Fragmente in der Bricfsammlung des
hi. Nilus » 220
XI.
P. Chrys. Baur, O. S. B. — Der urspriingliche Umfang des
Kommentars des hi. Joh. Chrysost. \u den Psalmen. * 23?
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TAVOLA DBLLE MATRRIB I 14^
Parte II.
XII.
Dom Placide de Meester, O. S. B. — Les origines et les
developpement du texte grec de la liturgie de S. Jean
Chrysostome »
Av'ANT-PROPOS » 245
PREMIERE PARTIE
La question de l'ortgine et de l'authenticite
DE LA MTrTRGIE DE S. JEAN ChRYSOSTOME.
I. Considerations generales sur les liturgies de By\ance. —
I, cur classement dans Ic type syrien demontre par les
relations dc cette ville avec les provinces de la Syrie
et de 1'Asie Mineure. — Formation d'un rite special
dans la nouvelle capitale de 1'Empire » 247
II. De la liturgie de S. Jean Chrys. en particulier. —
Absence de documents contemporains, a part les don-
nees liturgiques des homelies du Saint. — Leur valeur. —
Le canon 32 du concile in Trullo. — Le temoignage
du pseudo-Proclus. — Sentiments des principaux litur-
gistes par rapport a l'authenticite de la liturgie. . » 25 1
III. Le temoignage des manuscrits. — Opinion de Krasno-
seltzev sur la partie autenthique de notre liturgie . » 2 5q
IV. Jugement personnel. — La question du remaniement de
la liturgie de S. Basilc et celle de l'authenticite. — Dis-
cussion des opinions precedentcs » 262
V. Conclusions de cette enquete » 268
DEUXIEME PARTIE
Les sources de la liturgie de S. Jean Chrysostome.
I. Les manuscrits. Leur interet pour l'histoire de la li-
turgie (Observations) » 270
II. Les traductions latines > 28 1
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I 1 44 TAVOLA DKLLE M ATERIE
III. Les editions * 283
IV. Typika et legislation liturgique » 286
V. Commentaires » 290
TROISIEME PARTIE
Les dkvei.oppemexts du texte orec de la mttrgif.
de S. Jean Chrysostome.
Remarque sur la m£thode suivie dans cette partie . . » 296
I. Preparation : son double point de vue. A. Preparation
des ministres : Recitation des prieres ; baisement des ico-
nes; habillement. B. Preparation des oblats ou prothese:
Les quatre phases de son d£veloppement. ...» 29;
II. Liturgie des catechumines. A. Transition de la prothese
au dibut de la messe. B. La double enarxis byzantine.
C. Ses <H6ments constitutifs : 1. La grande collectc et
les collectes en g£n£ral; 2. Antiphones; 3. Petit introit;
4. Trisagion; 5. Lectures; 6. Ectenes; 7. Prtere et renvoi
des catechum&nes » 3i3
III. Liturgie des fid&les. Division. A. Rites pr£paratoires.
1. Prifcres sur les fideles. 2. Grande entree: ses diffe-
rentes parties. 3. Baiser de paix et recitation du sym-
bole. B. Anaphore : 1. Eucharistie; 2. R&cit de l'ins-
titution ; 3. Anamn£se et lipiclese ; 4. Intercession;
5. Collecte et Oraison dominicale; 6. Actes manuels:
a) 61<§vation, b) fraction, c) melange, d) z£on; 7. Com-
munion du pretre, du diacre et des fiddles. C. Conclu-
sion: 1. Action de graces; 2. Renvoi et conclusion;
3. Antidoron, ablutions, d^pouillement, etc. ...» ty
Tableau synchronique des modifications du texte grec de
la liturgie de S. Jean Chrysostome • 3:8
XIII.
P. Giov. Aucher, Mechitarista. — La versione armena della
Liturgia di S. Giovanni Crisostomo.
Jntrodu\ione ...» ^9
Versione armena della Liturgia di S. Giovanni Crisostomo
fatta sul principio deirVHI secolo » 3;i
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TAVOLA 1>RLLE MATERIE I 1 45
XIV.
R. P. Constantin Bacha, Basilien salvatorien. — Notions ge-
nerates sur les versions arabes de la liturgie de S. Jean
Chrysostome, suivis d'une ancienne version inedite.
Introduction » 405
Texte arabe » 410
Traduction franqaise » 442
Conclusions » 469
XV.
P. Cyrille Charon, ancien profcsseur au College stavropi-
giaque melkite S. Jean Chrysostome a Beyrouth (Syrie).
— Le rite by\antin et la liturgie chrysostomienne dans
les patriarcats melkites (Alexandrie - Antiochc - Je-
rusalem).
Introduction. — Part prise par les Syriens, Palestiniens et Egy-
ptiens a la constitution du rite byzantin. — Divisions
de cette 6tude » 473
PREMIERE PARTIE
Adoption nr rite byzantin par les patriarcats melkites.
Section I. — La liturgie du patriarcat d % Alexandrie. — 1. Au
quatrieme siecle. — 2. Apres 451 (concile de ChalcS-
doine). — 3. Destinies de la liturgie alexandrine. — 4. Sa
byzantinisation progressive chez les Melkites. — 5. Sa
suppression definitive au debut de treizieme si6cle et son
remplacement par celle de Constantinople . . . » 477
Section II. — La liturgie du patriarcat d'Antioche. — 1 . Les
origines. — 2. Le systeme liturgique de la Syrie occi-
dentals S. Romanos et S. Ephrem. — 3. La liturgie
d'Antioche au temps de la scission monophysite et de
la scission maronite. Formation de deux rites derives
de l'antiochien pur. — 4. Le rite d'Antioche dans l'E-
glise orthodoxe (melkite) : sa byzantinisation progressive.
— 5. Son remplacement par le rite byzantin, au on-
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1 1 4*> TAVOLA DEIJ.B MATRRIE
zi£me stecle pour l'office, a la fin du treizi&me pour la
liturgie de la messe » 485
Section III. — La liturgie du patriarcat de Jerusalem. —
1. Longue persistance de la liturgie de S. Jacques. Sa
reprise une fois par an, & T£poque moderne. — 2. Les
typica de lEglise de Jerusalem. Le typicon de S. Sabas
et les Melkites, — Conclusion * 49 5
DEUXlfcME PARTIE
HlSTOIRE DLT RITE BYZANTIN DANS l/Eoi.ISE MEI.K'ITE.
Division de cette partie * 498
Section I. — Periode syro-by^antine, du A v au XVII* Ste-
ele. — 1 . Emploi fait par les Melkites du syriaque dans
leur liturgie. L'ecriturc syro-mclkite. Balsamon ct la li-
turgie syro-byzantine. — 2. Enumeration des manuscrits
liturgiques syro-melkites conserves dans les biblioth£que>
d'Orient et d'Europe. — 3. Conclusions it tirer de cette
enumeration et des remarques y annexees. Une famille
de copistes: Macaire, eveque de Qara, et les siens. —
4. Introduction graduelle de la langue arabe dans la
liturgie melkite » 400
Section II. — Pdriode arabo-by^antine, du XVI I e sidcle a
nos jours. — 1 . La recension manuscrite de MelZce d'Alep.
Enumeration des livres rcvus par lui: StichSraire, Litur-
gicon (codex du College grec de Rome), Horologe, Eu-
chologe, (codex arabe 618 du Vatican), Synaxaire. La
transcription du grec en lettres arabes chez les Melki-
tes. — Conclusion : caractere de la revision de M£lece.
Parallel e avec la revision slavo-russe du patriarche Xicon.
Disparition du syriaque de la liturgie melkite; son rem-
placement definitif par I arabe. — 2. Les editions impri-
mees. — A. Liturgicon: 1) Liturgicon d'Athanase IV,
1701 : ses sources. 2) Liturgicon de la Propagande, i83q.
3) Liturgie de S. Jean Chrysostome, Rome, 1839. 4) Li-
turgicon de Vienne, 1862. 5) Liturgie de S. Jean Chry-
sostome, Vienne, 1862. 6) Liturgie de S. Jean Chryso-
stome, Choueir, 1880. 7) Liturgicon de Beyrouth, 1899.
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TAVOLA DELLE M ATER1E I ! 47
8) Liturgicon de Beyrouth, 1901. 9) Liturgicon melkite
orthodoxc, Jerusalem, 1907. 10) Tableau d'cnsemble.
1 1) Livres pour servir la messe priv6e. — B. Les autres
livres : \ ) Epitres. 2) Evang61iaire. 3) Horologe. 4) Psau-
tier. 5) Triodion et Pentecostarion. 6) M6n6es. 7) Syna-
xaire. 8) Proprieties. 9) Paracl&ique. 10) Kuchologc.
11) Typicon. 12) Livres de chant. i3) Livres pour les
fidelcs » 524
TROISIEME PARTIE
Pratiote nr rite byzantin daxs les patriarcats melkites.
Section I. — La langue liturgique. — 1 . Rapports de cette
question avec lethnographie. — 2. Dans le patriarcat
d' Alexandria — 3. Dans les patriarcats d'Antioche et de
Jerusalem, durant les dix premiers siecles: grec et sy-
riaque. — Durant la p£riode syro-byzantine : syriaque ;
oubli presque entier du grec. — 5. Durant la periode
arabo-byzantinc : larabe langue fondamentale, le grec
n'etant que subsidiaire. Larabe seul employe dans les
livres melkites: exception pour le liturgicon; raisons. —
6. Serait-il possible de supprimer larabe dans la liturgie
melkite ? — 7. Larabe est-il seulement tolere, ou for-
mellemcnt approuv£ pour le rite byzantin ? . . . » 637
Section- II. — Les ceremonies et le chant. — 1 . Les cere-
monies : n£cessit£ de faire un ceremonial uniformc pour
toutes les Eglises catholiques de rite byzantin. Absence
complete d'un pareil livre chez les Melkites: consequen-
ces. Travaux des Peres Blancs du S6minaire de S. Anne
de Jerusalem : le Cours de liturgie du R. P. Couturier.
— Le chant : Principe g£n£ral : influence des musiques
turque et arabe sur la psaltique byzantine. Application
aux Melkites : le principe confirm^ par les faits. Les
Principes de psaltique du R. P. Couturier. Recueils de
melodies melkites » <>5i
Section- 111. — Les offices propres. — Remarques prelimi-
naires. 1. Fete des S lcs Reliques. — 2. Anciennc v£n£-
ration de la S tc Lance de X. S. — 3. Fete de la Visi-
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! 1 48 TAVOLA DELLE MATERIE
tation. — 4. Fete du T. S. Sacrement. — 5. Le culte
du Sacre C Eur chez les Melkites. — 6. Fete de S. Jo-
seph au ic) mars. — 7. La fete dc nmmacul6e Con-
ception •> 65o
Section IV. — Les particularity rituelles. — Division. —
A. Particularity ancicnnes. — B. Particularity actuelles,
relatives aux ordinations (1-3), a Toffice divin en g£n£-
ral (4-6), a la liturgie de la messe (7-16), a la liturgie
pontificate (17-19), aux priircs pour les morts (20-21),
a l'annle liturgique (22-32), aux sacrements et aux of-
fices de circonstance (33-37). — ^ c st . v ' e architectural
melkite » 672
Section V. — Glossaire liturgique melkite, arabe-grec-
francais » 6<>S
Section- VI. — L' influence du rite remain. — Objection des
orthodoxes : la latinisation. Existc-elle chez les Melkites ?
Explication de quelques infiltrations et projet dadap-
tations • 702
Section VII. — Les ecrivains Uturgiques melkites. — 1. Le
P. Joachim Moutran, B. C. (f 1772). — 2. Mgr Ger-
manos Mo'aqqad, m£tropolite titulaire de Laodic6e. —
3. Anonyme. — 4. Le P.'Id » 707
Conclusion* de toute cette etude : Vreux relatifs a la liturgie
chez les Melkites catholiques * 710
Addenda et corrigenda »
/
XVI.
H. W. Codrinoton. — Liturgia praesanctificatorum syriaca
S. loan n is Chrysostomi.
Introductio » 719
Textus » 721
Versio » 725
XVII.
Ch. Auner, Professeur au seminaire catholiquc de Buca-
rest. — Les versions romaines de la liturgie de saint
Jean Chrysostome.
1. Introduction. — Conversion du peuple roumain au
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lWOl.A DKLLE MA I BRIE 1 1 49
christianisme. — Passage au schisme grec et a la liturgic
slave. — Livres liturgiques slaves edites en Roumanie. » 7'$ 1
2. Dix~septi£me stecle. — Premiere version roumaine dc la
liturgie, faite par Dosith£e (Jassy, 1679). — Seconde edi-
tion. — Missel slavo-roumain de ThSodose (Targovi-
ste, 1680). — Analyse des dites versions . . . . » 738
3. Dix-huitiime sidcle. — Missel slavo-roumain de Metro-
phane. — Version roumaine d'Anthime (Targoviste,
1713). — Missel slavo-roumain de Gedeon. — Reim-
pression des versions roumaines. — ArchieYaticon de
Czernowitz en Bucovine. — Missel des Roumains de la
Transylvanie unis a Rome (Blaj, 1756). — Version de
Jacques (Jassy, 1759). — Missel des Roumains de la
Transylvanie separes de Rome (Sibiu, 1798) ...» 746
4. Dix-ne uv iime sidcle. — Renditions. — Missel de Jassy,
1818. — Missel des Roumains de Bessarabic (Kischi-
ncw, 181 5). — Editions de Buzeu, 1835; de Jassy, 1845;
et de Bucarest, 1 855 et 1888. — Missel de Blaj, 1870.
— Critique » 704
5. Conclusion. — Comparaison de l'edition de Bucarest,
1902 (et de Sibiu, s. d.) avec le Mixpov Eu^oXdyiov edite
par la Propagande en 1872. — Missel de Blaj, 1905. » 761
XVIII.
Dr. Anton Baumstark. — Die Chrysostomosliturgie und die
sjvische Liturgie des Nestories.
Vorwort » 771
1. Zur Orientierung » 777
2. Das Anaphorische Dankgebet » 787
3. Der konsekratorische Gebetkreis » 808
4. Das anaphorische Filrbittengebet » 824
5. Endergebnisse. Die dogmatisch tenden\iosen Retou-
chen v 844
XIX.
P. Alexandre Petrovski. Histoire de la redaction slave de la
liturgie de S. Jean Chrysostome (Traduit du russe).
Introduction : Similitude du processus de developpement de
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I I 5o TAVOLA l>EI,LE MATERlK
la liturgie chrvsostomienne dans l'Eglise grecque et dans
l'Eglise russe jusqu'a la rSforme de i656. ...» <S5o
1. La liturgie du XII e sidcle . * 862
II. La liturgie du XIII* sidcle » 872
III. La liturgie du XIV e sidcle: la redaction indigene ct la
redaction de Philothee » 870
IV. Modifications subies par la redaction de Philothee aii
XV C siicle * 890
V. La liturgie du XV I e siecle » 91 5
Conclusion » 928
XX.
Iosehhl's Bocian, studiorum praefectus in rutheno catholico
seminario Leopoliensi. — De modificationibus in textu
slavico liturgiae S. Ioannis Chrysostomi apud Ruthe-
nos subintroductis.
Praefatio » 929
I. De modificationum historia. — Duo exempla proferun-
tur et explicatur eorum origo » (j3o
II. De ipsis modificationibus. — Praecipuae fontes biblio-
graphicae exhibentur necnon liturgiarum editiones quae
eas continent » 943
III. De modificationibus in proscomidiae ritu subintro-
ductis » i)5i
IV. De modificationibus in liturgiis catechumenorum et fi-
delium » 955
Epilogus » 969
Parte III.
XXI.
P. Elie Batarckkh, du clerge patriarcal melkite d'Antioche,
Secretaire de S. B. le patriarche Cyrille VIII GeTia. —
Discours incdit sur les Chaines de S. Pierre, attribue
d S. Jean Chrysostome.
Introduction > 97J
Texte » 979
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TAVOLA UELLK MATERIE 1 I 5 I
XXII.
H. Kellner, Professor in Bonn. — Die Verehrung des hi.
Iohannes Chrysostomus im Morgen — und Abend-
land » 1007
XXIII.
Prof. Wlscher- Becchi. — Saggio d* iconograjia di S. Gio-
vanni Crisostomo » t o 1 3
XXIV.
Prof. Wuescher-Becchi. — Saggio d'iconograjia di S. Gio-
vanni Crisostomo » 1 1 1 3
XXV.
t P. Ant. Rocchi, O. S. B. M. di Grottaterrata. — Lipsa-
nologia o Storia delle lieliquie di S. Giovanni Criso
stomo » io3ij
I. Breve cenno sulla vita e pre\iosa morte di S. Gio-
vanni Crisostomo; e prodromi di sua gloria postima. » \ 045
II. Trasla\ione del corpo a Costantinopoli . . . . » \obj
III. // corpo di S. Giovanni Crisostomo in Constantinopoli:
e primi donation i di sue reliquie di lafatte dai Greci. » 1071
IV. Diffusione delle reliquie di S. Giovanni Crisostomo per
rOccidente » 1087
V. // corpo di S. Giovanni Crisostomo in Roma al Va-
ticano » 1 1 02
VI. Solenne introdu^ione del corpo di S. Giovanni Crisostomo
nella Basilica Vaticana » 1 1 1 2
V 'II. Autenticitd delle reliquie di S. Giovanni Crisostomo » 1128
Conclusione » 1 1 37
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